Faire un stage et voyager au Pérou

Travailler et voyager au Pérou

 

Aujourd’hui j’accueille, Une autre Blogueuse Leslie, voyage au Pérou.

 

Peux-tu te présenter à nous et parles nous un peu de ton blog?

 

Je m’appelle Vanessa, 25 ans, mais plusieurs me surnomment Leslie et j’ai fini par adopter ce nom avec plaisir. Après un DEC en langues (équivalent 1re et terminale), je m’étais lancée dans des études en science politique mais je sentais que je ne pourrai jamais vraiment m’épanouir dans ce milieu. J’ai donc décidé de changer et d’aller en gestion touristique, avec des gens qui me ressemblaient beaucoup plus. Dans le cadre de mes études, on devait faire 3 stages obligatoires et c’est ainsi que je me suis retrouvée au Pérou.

 

À la base, le Pérou ne m’avait jamais particulièrement attirée, j’y allais surtout pour l’opportunité du stage et ça a été un grand coup de cœur! Depuis mon retour, je me suis rendue compte que les gens en connaissent très peu sur Pérou à moins d’y avoir été. C’est un pays si riche et finalement méconnu, que je me suis donnée comme objectif de changer cette perception en créant le blog de Voyage Pérou (www.voyageperou.info), consacré bien sûr au Pérou où j’essaie de couvrir le plus d’aspects possibles. Et justement parce que le Pérou a cette image de « destination backpacker », je tiens à offrir de l’information à la fois de luxe et petit budget (par exemple dans les restaurants). Et c’est une aventure très agréable, surtout que Gabrielle a bien voulu embarquer avec moi!

 

 

 

J’ai cru comprendre que tu as fait un stage au Pérou lors de tes études, peux tu nous en parler plus précisément?

 

Mon stage consistait à travailler pour une agence-grossiste en voyage situé à Lima qui recevait des voyageurs québécois. J’avais voyagé au Pérou avant d’arriver à Lima, mais c’est réellement en travaillant dans l’agence et en voyant toutes les possibilités d’hôtels, d’excursions et de restaurants que j’ai réalisé à quel point le Pérou était varié. En parallèle, j’ai eu la chance de travailler un peu dans la compagnie du mari de la patronne à Paracas, qui organisait des excursions en buggy dans le désert avec sandboard, baignade dans un oasis vierge et visite archéologique. Une expérience vraiment fantastique, j’ai eu un grand coup de cœur avec le désert!

 

Il y a t-il des papiers particuliers à récupérer pour avoir un visa pour faire un stage là-bas?

 

Sur le site des Affaires étrangères du Canada, on peut voir qu’en tant que touriste, il n’est pas exigé, mais il l’est pour les affaires et les étudiants. J’ai entendu des gens dire à des amis qui partaient en stage aux Bahamas, « évitez de dire que vous allez travailler, dites que vous êtes en voyage, ça sera plus simple ». Mais comme je mens très mal, je me voyais mal raconter ça. Donc, j’ai appelé le consulat péruvien à Montréal qui m’a confirmé qu’aucun document particulier n’était exigé pour un stage, sauf un passeport encore valide 6 mois après le retour.

 

Quel est la Différence entre le Pérou et le canada, par rapport au travail?

 

Tout d’abord, il y a une différence au niveau de l’organisation. En Amérique du nord, c’est assez efficace et organisé. On dit « pour demain » et c’est pour demain. Au Pérou, mieux vaut reconfirmer 2 ou 3 fois pour être sûr que ce soit fait. 😉

 

Également au niveau des heures de travail dans les bureaux, c’est beaucoup plus large. En général au Québec, les gens travaillent de 9h à 5h, du lundi au vendredi. Au Pérou, ça frôle plutôt les 50h semaine et ils travaillent également le samedi. Et m’a-t-on dit que c’était très mal vu de quitter avant le patron.  Aussi, la hiérarchie est plus présente. Au Québec, excepté dans quelques milieux, on peut tutoyer le patron, on agit un peu pareil qu’avec les autres employés. Au Pérou, comme ailleurs en Amérique latine, le respect passe entre autre par la façon de s’adresser à un supérieur, le « monsieur », « madame » est important. Deux mondes différents.

 

Pourquoi as tu aller au Pérou pour un stage ?

 

Des chaînes hôtelières (comme Club Med) venaient faire des entrevues de masse à l’ITHQ (Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec), mais ça ne m’intéressait pas de passer mon été à travailler dans un milieu tout propre et tout beau avec des gens venus pour faire la fête sans se soucier un instant de découvrir réellement le pays dans lequel ils étaient.

J’avais envie d’être loin et seule, pour savoir que j’étais capable de relever le défi  de travailler dans un autre pays très différent du mien et sans pouvoir m’appuyer sur ma famille et mes amis. Comme je l’ai dit au début, le Pérou ne m’attirait pas particulièrement à la base mais j’ai demandé à quelques professeurs s’ils avaient des contacts à l’extérieur de l’Amérique du Nord qui voulaient me prendre comme stagiaire et c’est ainsi que j’ai obtenu le contact pour le Pérou. J’ai d’ailleurs été la seule de ma cohorte à avoir trouvé seule mon stage, mais j’ai également été la seule qui n’a pas eu droit à être dans la photo du «groupe des stagiaires 2009», comme quoi, quand on veut faire différent, ça ne plaît pas à tout le monde!

 

 

 

As-tu un conseil à donner avant de partir?

 

Comme pour travailler dans n’importe quel pays, il est important de se renseigner avant d’y aller : le contexte économique et social, les réalités culturelles, etc. Puisque mon père est Bolivien j’avais quand même une bonne idée de ce à quoi devait ressembler le Pérou, puisque ce sont deux pays assez similaires, du moins historiquement et culturellement. Le conseil le plus important que je pourrais donner : ne pas critiquer. C’est si facile de critiquer en voyage, mais c’est si désagréable d’entendre quelqu’un le faire et totalement anti constructif!

 

Comment t’es tu adapté? Une technique particulière?

 

J’ai eu la chance d’être hébergée chez la patronne de l’entreprise, alors comme je vivais dans la famille québéco-péruvienne, j’en ai appris énormément sur les différences entre nos deux pays! J’en aurais certainement moins appris si je n’avais été que chez des Péruviens, c’est très intéressant d’écouter une québécoise et son mari péruvien parler si amoureusement d’un pays. On m’a expliqué les différences culturelles entre les régions du Pérou, à quel point le pays était riche en histoire et en ressources, mais aussi des comportements à adopter et d’autres à éviter.

 

Je crois que pour s’adapter il faut surtout être à l’écoute des autres, il faut observer les comportements et essayer de s’y conformer le plus possible sans changer qui on est. Pas toujours facile (surtout pour une Montréalaise habituée à dire ce qu’elle veut et à agir comme elle l’entend), mais très faisable.

 

Que pourrais-tu dire au lecteur pour qu’il se lance à faire la même chose?

 

Allez-y sans hésiter. Le Pérou est un pays avec une diversité étonnante que vous ne pourrez comprendre qu’en y allant. Et c’est beaucoup plus en travaillant sur place qu’en voyageant qu’on arrive à percevoir et à comprendre les différences culturelles! Parfois ça bouscule, parfois ça charme, mais ça fait partie du jeu et on en ressort grandi à jamais. Par contre, il faut y aller pour l’expérience, pas pour le salaire, car le niveau de vie n’est pas élevé, mais le salaire non plus.

 

Également, préparez-vous au retour. Car le Pérou remet en question notre perception des priorités, des gens, de la vie, mais on finit par se sentir un peu péruvien au bout du compte et quitter le pays est beaucoup plus difficile que d’y arriver.

 

Qu’as-tu le plus apprécié au Pérou?

Tout d’abord, les gens. Il m’est arrivé de croiser des gens très généreux, qui ressemblaient énormément à mon père, ma tante et ma grand-mère dans leur comportement, leur façon de parler, de réagir et c’était drôle d’avoir l’impression de les connaître et de les comprendre. C’est la première fois que je me suis rendue compte que je portais un peu d’eux et de leur passé en moi.

 

Ensuite, la cuisine. Je suis très curieuse au niveau de la cuisine en général,  alors je suis aux anges à Montréal puisquavec des habitants de  85 différentes origines ethniques, il y a forcément le choix au niveau des restos! Mais voilà, à Montréal, quand on est indien, on cuisine indien, quand on est tibétain on cuisine tibétain. Donc, ce qui m’a vraiment surpris au Pérou a été le mélange des cultures dans les plats : on cuisine  « Chifa » (mélange d’ingrédients chinois et péruviens), « Nikkei » (japonais et péruvien) dont fait partie le délicieux sushi « acevichado », probablement le meilleur sushi de ma vie, et bien d’autres styles, mais toujours en adaptant le plat d’origine avec des ingrédients péruviens, ce qui donne une cuisine absolument unique au monde. Et bien sûr, il y a les nombreux plats traditionnels péruviens qui sont très variés et tous savoureux. J’ai pris un peu de poids cet été là!

 

Une dernière chose à dire pour finir?

 

À moins de travailler dans l’humanitaire, il est assez difficile de se trouver un emploi au Pérou dans un domaine spécialisé. Donc, je vous conseille de trouver le stage ou le travail d’avance car il n’est pas dit que sur place ce sera faisable.  Il y a moyen de donner des cours de français à l’Alliance française (présente dans plusieurs villes) mais également dans des écoles privées françaises, donc vous pouvez explorer de ce côté-là !

Si vous voulez en savoir plus sur les métiers à l’étranger ou l’expatriation en Amérique, cliquez sur les liens.

crabetan

Fan de voyage, j'ai déjà vécu l'expatriation avec le Visa Vacances travail en Australie où j'ai exercé une dizaine d'emplois, dans ce blog, je vous conseille pour travailler et voyager en même temps

3 pensées sur “Faire un stage et voyager au Pérou

  • 29 juin 2012 à 19 h 41 min
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    Une expérience très intéressante et surement des plus enrichissantes !

    Magnifique la photo du Machu Picchu ! J’adore !

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    • 4 juillet 2012 à 12 h 58 min
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      En effet, ça a été très enrichissant, autant au niveau professionnel que personnel! Et oui bon, la classique photo des pieds au Machu Picchu, j’ai rien inventé, mais c’est tellement amusant à faire 🙂

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  • 13 mars 2013 à 11 h 21 min
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    C’est une très bonne idée que de donner des cours de français pour financer ses voyages ! Un exemple à suivre

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