Travailler et voyager interview de Jérémy de roadcalls

J’accueille aujourd’hui Jérémy qui nous parle de son aventure de blogueur digital nomade.

 

Interview de Roadcalls sur travailler et voyager

 

Présentation de Jéremy

 

  • Bonjour Jérémy, peux-tu te présenter à nos lecteurs?

 

Salut ! Alors je m’appelle Jérémy, j’ai bientôt 26 ans, je suis originaire de Normandie et, aujourd’hui, j’occupe mes journées en voyageant et en écrivant sur mon blog de voyages (www.roadcalls.fr).

 

  •  Quel est ton parcours voyage et les pays où tu as voyagé?

Depuis tout petit je suis passionné par les cultures nordiques, et en particulier par la Scandinavie. Mon premier “vrai” voyage (sans les parents ni l’école on va dire), c’était en Norvège. J’ai eu un coup de cœur non seulement pour le pays mais surtout pour le voyage en tant que tel : l’aventure, les rencontres, la découverte d’une nouvelle culture, d’une nouvelle langue, se confronter à des gens qui sont à la fois si semblables et si différents. J’ai adoré !

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Quelques mois plus tard, je me faisais virer de mon job pour motifs économiques. A ce moment là, j’ai eu un choix à faire : envoyer des lettres de motivation à toutes les boîtes susceptibles d’être intéressées par mon profil, ou alors envoyer promener tout ce petit monde, et partir en voyage.

Si je suis ici aujourd’hui, tu te doutes que j’ai choisi la seconde option 🙂

Donc les pays où je me suis rendu, il n’y en a pas tant que ça car je suis un “slow traveller” : je voyage lentement. J’aime prendre mon temps, ne pas avoir de contrainte, et ce mode de voyage me convient bien. Quand j’aime un endroit, j’y reste, quand je n’aime pas, je zappe.

Du coup, parmi les pays qui m’ont vraiment marqué, je peux citer la Suède (où je me sens vraiment chez moi), l’Espagne (une de mes pires expériences de voyage), le Népal (complètement fou ce pays !), et plus récemment les pays Baltes, pour qui j’ai eu un vrai coup de cœur, et où je pense retourner bientôt. J’ai aussi beaucoup aimé l’Écosse et l’Irlande, où les gens sont vraiment chaleureux et accueillants. Et je me suis surpris à beaucoup apprécier l’Italie aussi, alors que je partais avec un énorme apriori sur le pays.

Bref en gros, ça fait deux ans que je voyage majoritairement en Europe.

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  •  Tu es un digital nomade et tu voyages seul, pourquoi et comment en es-tu arrivé la?

En fait, quand je suis passionné par quelque chose, je dois le faire à fond. A 200%. Quand j’ai commencé à me prendre de passion pour les voyages, je me suis vite retrouvé frustré de devoir rentrer à la fin du week-end prolongé, ou à la fin de ma semaine de congés, pour retourner au boulot, revoir mes collègues, mon patron, etc.

J’avais envie de pouvoir rester plus longtemps sur place, prendre plus mon temps pour découvrir la culture, rencontrer des gens, etc.

Du coup, quand je me suis fait virer et que j’ai pris la décision de partir, le nomadisme s’est vite imposé comme la solution la plus évidente. Si j’aime un endroit, j’y reste. Si je n’aime pas, je n’y reste pas. Et ça, tu ne peux pas le faire quand t’as un boulot qui t’enchaîne de 8h à 19h du lundi au vendredi, avec seulement 5 malheureuses semaines de congés payés par an (que ce soit en France ou ailleurs).

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Donc j’ai rendu mon appart’ dans la foulée de mon licenciement et je suis parti au Portugal, chercher le soleil !

Sauf qu’à l’époque, je ne pensais pas à comment financer mon voyage. Je me disais “si au Népal les gens peuvent vivre avec 30 centimes par jour, je peux le faire aussi”. J’ai vite déchanté : quand tu dois te payer une nuit en auberge à 20€, ça fait rapidement un trou dans le budget.

Donc j’ai vite eu besoin de gagner de l’argent. Mais c’était hors de question que je rentre en France : je venais d’annoncer à tous mes potes que je partais, je ne me voyais pas revenir 3 semaines plus tard pour bosser à Macdo. J’avais ma fierté ! Du coup j’ai cherché des moyens de gagner de l’argent PENDANT le voyage. C’était il y a deux ans. Aujourd’hui je voyage à plein temps en étant complètement indépendant géographiquement, et je compte bien continuer !

Pour le fait de voyager seul, je pourrais en parler très longtemps (en fait j’ai enregistré une conférence sur ce thème là, tes lecteurs peuvent la trouver ici : www.roadcalls.fr/voyager-seul ). Pour faire court, c’est un mélange de préférence personnelle (je me sens bien plus libre que quand je dois débattre sans arrêt avec mon compagnon de route sur le programme du jour) et de question logistique (aucun de mes proches n’est indépendant géographiquement comme moi, donc ça arrive qu’ils me rejoignent pour des courtes périodes pendant leurs congés, mais c’est rarement plus long qu’une semaine ou deux).

 

road call

 

  •  Peux-tu nous parler de quelques endroits où tu as vécu et ton mode de vie?

Le pays de mon cœur, clairement c’est la Suède. J’ai passé trois mois là bas entre juin et septembre 2012. J’ai adoré ! Contrairement aux idées reçus, les suédois ne sont ni froids ni distants. En quelques jours j’ai rencontré plein de gens et je me suis fait rapidement plusieurs bons amis, aussi bien parmi les locaux que parmi les étrangers.

Suède

J’adore l’ambiance de ce pays. Les gens sont à la fois très respectueux de ton espace privé, tout en étant très curieux et très ouvert. C’est un mélange qui m’a tout de suite beaucoup plu.

Et puis, il y a plein de bars métal dans ce pays, je me suis vite senti chez moi 🙂

Ce qui est assez marrant, c’est que la Suède est de très loin ma meilleure expérience de voyages, et que dans la foulée j’ai vécu ma pire expérience, en Espagne. Le climat à Göteborg devenait assez rude à partir de septembre, donc j’ai bouclé mes valises et je suis parti à Grenade, en Andalousie.

Là ça a été le choc culturel. Après les suédois polis et respectueux, je me suis retrouvé entouré d’espagnols braillards, intrusifs et égoïstes. J’ai eu pas mal de mésaventures en Espagne qui ont fait que je n’ai vraiment pas aimé mon séjour (agressions, maladie, et je me suis fait virer de mon appart’ quelques jours avant Noël parce que mon proprio voulait mettre son fils à ma place). Bref, je suis parti sans regrets (mais en ayant bien amélioré mon niveau en espagnol quand même).

Donc pour résumer, mon mode de vie est assez simple : je choisis une ville sur tout un tas de critères (taille, dynamisme, histoire, proximité de points à voir, etc.), et si j’aime j’y prends un petit appart’ pour quelques semaines, et si je n’aime pas j’y reste quelques jours et je passe à autre chose.

 

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Livre numérique : “Travailler en voyageant”

Comment t’es venu l’idée de ce livre? Que peut-il apporter aux lecteurs?

Comme je le disais un peu plus haut, quand j’ai rendu mon appart et que je suis parti au Portugal, j’ai quasiment agis sur un coup de tête. Je ne voulais plus du mode de vie “métro boulot dodo”, il me fallait autre chose. Où je pourrais m’épanouir en me sentant libre, vraiment. Mais à l’époque je n’avais pas vraiment envisagé l’aspect financier du voyage. J’avais un peu d’argent de côté et je me disais que j’allais tenir là-dessus en dépensant 3 fois rien sur place. Sauf que bon, quand tu voyages, les dépenses sont inévitables : tu dois bien manger et dormir, et puis c’est quand même plus sympa de pouvoir prendre une bière avec tes compagnons d’auberge le soir.

Donc rapidement, je me suis retrouvé avec la problématique suivante : soit je rentrais en France pour reprendre un job alimentaire avant de repartir… soit je gagnais de l’argent DEPUIS l’étranger, sans repasser par la case “France”.

A partir de là, j’ai testé pas mal de trucs pour financer mes voyages, mais j’avais en tête un objectif précis : conserver mon indépendance géographique. Donc je voulais absolument soit trouver un job qui ne soit pas contraignant (en gros, que je puisse démissionner du jour au lendemain), soit bosser de façon dématérialisée, via Internet.

Étant journaliste de métier, je me suis tourné vers cette seconde option, en bossant comme Freelance à distance. J’ai aussi bossé comme rédacteur web pour plusieurs sites internet, et puis j’ai monté mon entreprise de conseils en Relation Presse. En gros j’étais attaché de presse indépendant : j’écrivais des dossiers de presse pour mes clients et je les mettais en contact avec mon réseau de journalistes. Les clients me contactaient via mon site, tout se passait par email, c’était top ! Aujourd’hui, je mixe un peu tout ça, mais mon activité principale c’est mon blog de voyages : je suis passionné par l’écriture ET par le voyage, donc naturellement j’en ai fais ma priorité.

Lisbonne

En parallèle, je continuais de voyager. Et je me suis aperçu que j’étais loin d’être le seul à avoir ce mode de vie là, de travailler ET voyager en même temps. L’exemple le plus marquant, c’est un québécois que j’ai rencontré en Suède. Il est sur les route depuis 10 ans ! Son truc à lui, c’est de trouver des petits boulots sur place. Il a fait la cueillette des fruits en Australie, et en Suède il bossait comme cuistot dans un des meilleurs bars de la ville.

Au fil du temps, j’ai rencontré plein de gens qui avaient des parcours complètement fou, et des idées géniales pour financer leurs voyages. Par exemple j’ai croisé un mec qui était tombé amoureux de Madagascar. Il finance ses voyages en vendant de l’artisanat traditionnel malgache en France. Tout le monde est heureux : il fait vivre les locaux en achetant leurs créations à un super prix, et il revend tout ça en France en se prenant une marge qui lui permet de continuer.

Des histoires comme ça, j’en ai entendu plein. Et, un jour je me suis dit que je devais les partager dans un bouquin, pour tous ceux qui étaient comme moi à un moment, à se demander COMMENT financer son voyage.

Donc voila comment est né “Offrez vous une vie de voyages”, qui regroupe 31 techniques pour gagner sa vie sur la route.

Il est disponible au format numérique ici : http://www.roadcalls.fr/offrez-vous-une-vie-de-voyage/

Il existe aussi un autre livre que j’aime beaucoup : Vivre et travailler à l’étranger.

 

  •  Si des personnes souhaitent tenter l’aventure, que leur conseillerais-tu?

De foncer ! L’argent ne doit pas être un frein aux voyages. Ça serait trop bête !

Si vous voulez vraiment quelque chose, alors plongez dedans et investissez vous y à fond !

C’est marrant ta question parce que ma petite sœur vient de terminer ses études, et elle voudrait partir un an à l’étranger pour apprendre une langue supplémentaire. Et je vois bien sa réaction, elle a peur de se lancer car elle ne sait pas si ça va marcher, si elle va trouver du taff, etc.

Le truc, c’est qu’on est tous pareil : personne n’est devin et personne ne sait à l’avance si un projet va réussir où échouer. Le seul moyen de le savoir, c’est de tenter.

Donc si vous avez des rêves de voyages et que vous bloquez à cause du financement, ne vous prenez pas la tête ! Si vous êtes malin et débrouillard, vous vous en sortirez toujours ! Regardez les exemples des gens que j’ai rencontrés, dans le livre, vous verrez !

 

Roadcalls

 

  • Quels sont tes futurs projets?

Sur un plan professionnel, je suis en train de monter un projet dans le tourisme, en lien avec ma région natale, la Normandie. Là je suis rentré en France pour mettre ça sur pieds, je vais passer l’été dessus.

Ensuite je pars au Canada, à la fin du mois d’août. Je pense faire une bonne partie de l’Ouest du continent nord-américain. Découvrir Montréal, Québec, New York, au moins. Je ne planifie pas trop, parce que comme je l’ai dit, j’aime être libre et pouvoir improviser 🙂

 

Un grand merci à toi pour l’interview, à bientôt !

crabetan

Fan de voyage, j'ai déjà vécu l'expatriation avec le Visa Vacances travail en Australie où j'ai exercé une dizaine d'emplois, dans ce blog, je vous conseille pour travailler et voyager en même temps

3 pensées sur “Travailler et voyager interview de Jérémy de roadcalls

  • Ping : Trouver un travail à Berlin | Blog voyage et travail à l'étranger

  • 18 février 2014 à 15 h 06 min
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    Je viens de découvrir ton interview et tu es un exemple très motivant. On a tous plus ou moins envie de tenter l’aventure. Prendre le large découvrir une autre routine mais encore faut-il oser. C’est ce que tu as fait et cela risque de donner des idées à plus d’un d’entre nous.
    Bonne route à toi

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  • 2 avril 2016 à 20 h 56 min
    Permalink

    Waaa super ton interview. Je vais regarder plus precisement ton blog!
    J aspire à la meme vie etant pour l instant expat au Ghana.
    J ecris un blog qui pour le moment ne m apporte rien mais peut etre qu un jour cela pourrait m aider à financer un tour du monde qui sait?
    Bonne route à toi et à ton projet de tourisme en Normandie une belle région;)
    Isabelle

    Répondre

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